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Le 8 septembre au matin, nous sommes arrivés en vue de l’île Amsterdam, après être passé à distance de l’île Saint Paul, de nuit. Le cône volcanique se dresse devant nous, isolé au milieu de l’océan ; 7 km de diamètre à peine, et un univers qui me faisait lui aussi bien rêver. Le 9 au matin, l’hélicoptère me débarque avec quelques autres « interdistricts » et mon rêve de voir l’île Amsterdam se concrétise. La première sensation qui me saisit en sortant de l’hélicoptère, c’est l’atmosphère : il fait doux, l’air est parfumé d’odeurs végétales, ça sent le printemps, c’est le choc alors que nous avons quitté des îles Kerguelen blanchies par des chutes de neige toutes récentes (il avait neigé abondamment l’avant-veille de notre départ)
Quelques heures à peine sur ce bout de caillou perdu de l’océan indien. Le temps de faire un aller-retour de la base Martin de Viviès jusqu’au cratère Antonelli, revenir à midi pour savourer le buffet de spécialités locales (ah, les fameuses langoustes d’Amsterdam !) et repartir l’après-midi pour une autre petite balade. Du soleil, de la verdure, des arbres : dépaysement garanti ! Et on a été réembarqué à 17h, déjà…
Le fin mot de l’histoire, c’est que j’ai eu l’immense privilège d’être redébarquée le 10 pour des raisons professionnelles. Une rapide intervention sur le matériel météo, je ne suis pas restée plus d’une demi-heure à terre (oui, mais j’ai refait un dernier tour d’hélico !) et j’ai recroisé les hivernants d’Ams en pleins adieux comme nous l’avions été nous-même quelques jours avant. Drôle de sensation, j’ai préféré repartir le plus vite possible une fois mon travail accompli pour les laisser une dernière fois « entre eux ».
En quittant Amsterdam, la Marion a contourné l’île pour nous permettre d’admirer les falaises d’Entrecasteaux, hautes de 700m et peuplées d’innombrables albatros. Ce sera notre dernier regard sur les Terres Australes.
C’est ainsi : les meilleures choses ont une fin, les missions à Kerguelen en font partie.
Comme annoncé le Marion Dufresne est arrivé à Port-aux-Français le 31 août, et immédiatement, le rythme sur la base s’est intensifié. L’hélicoptère a déchargé les sacs postaux puis les futurs résidents de l’archipel, dont nos collègues André, Alain et Christophe.
En trois jours, il a fallu leur expliquer tout ce qu’il est nécessaire de savoir pour faire fonctionner la station météo, comme nos prédécesseurs l’avaient fait 9 mois auparavant. Des journées bien remplies donc. Et en parallèle, les soirées pour se dire au revoir (et faire un dernier concert sur la scène de Totoche) se sont multipliées. Des nuits bien remplies aussi donc !
Dernières balades à l’anse des pachas, dernières bières à Totoche, et premières salades vertes dans nos assiettes depuis huit mois ! Nous, ex-hivernants de la 60ème, avons été embarqués le 5 septembre après-midi pour appareiller le 6 au matin sous un joli ciel bleu. Derniers regards sur les îles pas si désolantes que ça. Une petite larme en pensant aux quelques personnes qui sont restés à Ker, devenus des amis et que l’on n’est jamais complètement sûrs de revoir. Je leur souhaite une bonne fin de mission à chacun.
On redoutait les quarantièmes rugissants de la fin de l’hiver, mais le voyage jusqu’à l’île Amsterdam a été on ne peut plus calme. La vie à bord du bateau a pris un petit rythme ponctué par les services des repas et quelques parties de cartes. De vieilles habitudes ressurgissent, on se retrouve soudain comme on était neuf mois auparavant, sauf que… Sauf que là, c’est une autre forme d’inconnu qui nous attend. On va retrouver tant de choses qui nous sont familières et qui nous sont devenues étrangères. Et puis on finira par tous se séparer.
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Oui, c’est un peu lapidaire comme article, mais ça y est, après 10 jours de fin de mission et d’OP qui ont été intenses, 10 jours de voyage en bateau et 10 jours de vacances en famille à la Réunion, me voici revenue à la civilisation. Promis, dans les jours qui viennent, je prépare quelques photos et un petit récit pour vous raconter la fin !
Là, je me remets juste du voyage en avion et du décalage horaire avec l’île Bourbon !
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Chose promise chose due, voici quelques unes de mes photos préférées de nuages dans la collection “hiver 2010″. Et comme la météo ne s’arrête pas à ce qui se passe dans le ciel, quelques photos annexes…
D’abord un petit retour en arrière avec les manips de mai : un arc en ciel sur la plage de Ratmanoff, les embruns soulevés par le vent dans la passe de Buenos Aires devant PJDA, et un avion (oh ! on en voit tellement peu ici !) aperçu pendant le line transect avec le popchat (PJDA) :
Quelques vues depuis le bord du chaland dans le dédale des îles du golfe…
Ou tout simplement vues de la base vers le Ross. Ah, ces levers de soleil de fin juin, au coeur de l’hiver, quand tout prenait une couleur rose juste après l’obs de 8h !
Petite série de photo d’une drôle de soucoupe volante dont la couleur a viré progressivement au coucher du soleil (alors, question pour les spécialistes : AC lenticulaire élevé ou Ci spi à la forme bizarre ?)
Pour ce qui est de l’état du sol, la neige et la glace font des jeux de formes assez joli visuellement parlant.
C’est peut-être le dernier article que je rédige depuis Kerguelen, le bateau est prévu à Kerguelen le 31 août. Les formalités d’usages s’achèvent, les chambres se vident, les malles ont été bouclées, je me suis retrouvée dans le même stress qu’il y a un an : comment vais-je tout faire rentrer là-dedans ? Finalement, j’avais plus que la place de mettre toutes mes affaires pour le retour.
Depuis l’épisode des malles et les changements de chambre, il ne nous reste plus qu’à attendre le bateau et les collègues de la relève. Dernière OP de la 60ème mission. Mais ça, je le raconterai dans le prochain chapitre !
Allez, encore une petite dernière pour la route !
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Le 15 août est passé et ça sent désormais franchement la fin. Dans deux semaines, le bateau qui me ramènera vers le monde ordinaire sera là. A vrai dire, cela fait quelques temps que l’on s’est mis à compter les jours. Je n’ai plus quitté Port-aux-Français depuis mon escapade à Studer, il y a un mois.
Coté météo, quelques perturbations remarquables nous font comprendre que l’on n’est pas venu à Kerguelen pour rien.
Le 30 juillet, la pression enregistrée à la station est descendue jusqu’à 945 hPa (en pression réduite au niveau de la mer) après avoir fait une chute de plus de 46 hPa en 24h. Nous avions annoncé une tempête mais finalement le vent fort associé n’a pas été si extraordinaire (seulement 37 kt de vent moyen, autant dire rien pour ici). Nos co-hivernants n’ont donc pas manqué d’y aller de leur couplet sur les météorologues qui se trompent toujours. Mais nous avons bien vite été “consolé” de ne pas avoir eu de tempête ce jour-là. Les lâchers de ballon par plus de 40 kt de vent moyen se multiplient, le dernier en date était samedi 14. J’ai vu la sonde toucher le sol avant de faire une double pirouette autour du ballon puis finir par s’élever dans les airs et me transmettre des valeurs tout à fait correctes. Il faut dire que la hantise, quand il y a du vent, c’est de voir partir le ballon à l’horizontale, si bien que la sonde qui y est accrochée percute le sol et est endommagée. Il n’y a plus qu’à tout recommencer quand c’est comme ça.
Coté vie sur base, les possibilités de sortie étant limitées, j’ai multiplié les promenades jusqu’à l’anse des pachas, limite ouest du périmètre de la base, histoire de se dégourdir les jambes et de savourer encore un peu des petits coins de nature kerguelenienne. Chacun se prépare au départ petit à petit. C’est l’heure des bilans.
Au milieu de tout ce train-train, petit délire d’hivernants, nous sommes partis en “manip” jusqu’à la flottille, histoire d’inaugurer la cabane que Franck y a construite. Au moins deux minutes de transit à pied pour aller admirer le petit cocon douillet qui permet de retrouver l’ambiance cabane en plein cœur de PAF. Ah, nostalgie (déjà !?) quand tu nous tiens !
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C’était il y a deux semaines, déjà… Je m’en serais voulue de quitter Kerguelen sans avoir été jusqu’à Val Studer, à environ 4h de marche de Port-aux-Français. Voilà plus d’un mois que je n’avais pas quitté la base, il fallait remonter au 8 juin pour un court aller-retour à Molloy sur deux jours (tellement rapide que je ne crois pas en avoir parlé dans mon blog) Ca me démangeait dans les jambes, c’eut été dommage de ne pas faire encore une manipette avant de partir. Retrouver encore un peu la vie de cabane, marcher dans les souilles et l’acaena, traverser des rivières, subir le vent, regarder les nuages s’accrocher aux montagnes et avoir le souffle coupé par la majesté de ces dernières. Studer aurait pu être ma première destination, elle aura été la (ou l’une des) dernière(s). Et en trois jours, j’ai retrouvé tout ce qui fait que Kerguelen est Kerguelen.
Nous sommes partis samedi 17 au matin avec Bernard, Alex et François. Ludo nous a déposé en 4*4 un peu avant Jacky, ce qui fait gagner une heure de marche. Nous avons grimpé sur le plateau de Tussoc pour profiter de la vue sur les sommets au-dessus (Monts Amery et Crozier, qui étaient dans les nuages) et Val Studer en contrebas. C’était très chouette, même si nous avions un bon petit vent de face assez fatiguant. On a franchi une cascade en escalier, on a encore un peu marché sur le plateau et on est redescendu le long d’un ravin au fond duquel il y a une impressionnante cascade qui bouillonne. Et nous sommes arrivés à la cabane pour le repas de midi.
L’après-midi, je suis allée au bord du lac avec Bernard et Alex pour jouer un peu avec ma canne à pêche, sans succès. En plus il y avait pas mal de vent, ça faisait des grosses vagues sur le lac qui se brisaient sur les rochers où j’avais pris place, on est vite trempé.
Le lendemain, dimanche matin, nous sommes allés d’abord allés au pied de la cascade qu’on avait vue d’en haut la veille. Il tombe des trombes d’eau et les montagnes ont le nez dans les nuages, le temps d’aller voir la cascade qui est tout à coté de la cabane, il s’est mis à y avoir des flocons. Les falaises prennent petit à petit des allures fantomatiques ; pas très engageant. Finalement, on s’est dit qu’on était à Kerguelen et qu’il fallait en profiter. Alors on a été jusqu’au ravin des micas que l’on a commencé à remonter, il s’est mis à neiger de plus en plus fort et le vent s’est levé. On a mangé un sandwich à l’abri d’un rocher, la neige commençait à tenir au sol… Que faire ? Vue les conditions météos et de terrain (ça faisait une heure que l’on remontait un torrent dans un éboulis) on a décidé qu’il serait prudent de faire demi-tour, de toutes façons, on ne voyait rien des paysages. Moi qui voulais aller vers les Montagnes Vertes, ça semblait bien compromis. On est retourné se mettre au sec à la cabane. Evidemment, il s’est arrêté de neiger quand nous étions rentrés, mais il commençait à se faire tard et il n’était plus envisageable d’y retourner (on n’avait plus le temps d’aller plus loin que là où nous avions fait demi-tour et d’en revenir avant le coucher du soleil) Alors tant pis, on a sorti nos bouquins en attendant le soir.
Le lundi matin, on est parti de bonne heure parce que François voulait être rentré pour midi. Départ de la cabane à 8h1/4 dans la neige, une pause de 10 minutes à Jacky pour boire un thé et nous sommes arrivés à PAF à midi, juste bien pour le repas.
A part ça, l’ambiance a été très bonne. Alex a cuisiné les deux soirs, on a fait des parties de belote à n’en plus finir et on a bien rigolé. Tout en convivialité, comme souvent en cabane !
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Une fois n’est pas coutume, parlons météo. Début juillet, il n’y a pas qu’en France que la canicule sévit. On pensait venir à Kerguelen pour trouver des conditions climatiques rudes, et on est tout étonné de subir une vague de douceur. Le 11 juillet, la température minimale a été de 8,6°C, ce qui en fait la deuxième température minimale la plus chaude pour un mois de juillet depuis l’ouverture de la station, tandis que le mercure est monté à 12,6°C au meilleur de la journée, classant cette journée au 5ème rang des journées les plus chaudes de juillet. Oh, je vous vois sourire sous vos 35°C, mais c’est qu’ici, nous ne sommes plus habitués !
Cela dit, l’hiver a bien fini par reprendre ses droits et des averses de neige sont arrivées le 13. Les cérémonies du 14 juillet se sont donc déroulées sous les flocons, même si ce n’est pas tombé en quantité et que certains ici s’impatientent et attendent des occasions de sortir leurs luges.
Pas de feu d’artifice à Kerguelen, mais une petite aurore australe ce matin pour les lève-tôt, aperçue quand j’ai passé l’obs de 00 UTC.
A part ces petits commentaires d’ordre professionnel, j’occupe mon quotidien pafien en faisant des gâteaux (j’ai perdu la main coté cuisine) ou en embarquant sur le chaland en touriste dans le labyrinthe des îles du Golfe pour savourer encore un peu la beauté de Kerguelen… Peut-être était-ce la dernière fois que je montais à bord de l’Aventure II ? Je ne sais pas encore si c’est le cas, toujours est-il que cela m’a donné un peu de matière pour la prochaine sélection de nuages. A suivre, donc…
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Déjà 10 jours que la vie sur la base a repris son rythme normal après la Midwinter. A la fois c’est passé vite et à la fois ça a été tellement dense qu’il n’aurait pas fallu que ça dure trop longtemps. C’est un peu frustrant parce qu’il s’est passé vraiment plein plein de trucs, mais je ne peux pas tout raconter dans les détails.
Ça a commencé dimanche 20 au soir, avec le premier tour de l’élection du Onzeker. Les Gaulois sont arrivés en tête et le PEDK en deuxième. Le lundi matin, course d’orientation par équipe dans le périmètre de la base. L’après-midi, c’était la course de chars nautiques à “Central Park”. Le lac avait gelé, la première équipe à passer à dû briser la glace. Mon équipe partait en avant-dernier. Je devais être sur le char. J’étais super-confiante avec notre magnifique char-manchot qui glissait pour ainsi dire tout seul sur l’eau quand on avait fait des essais la semaine d’avant. Et ça n’a pas loupé, on n’avait pas fait 10m que le char s’est renversé… Bah, j’ai pris ça en rigolant, si personne ne passe à la flotte dans ce genre de jeu, ce n’est pas drôle. Si je puis dire, ça ne m’a fait ni chaud ni froid tellement j’étais prise dans le jeu et le feu de l’action, ma seule pensée a été “moi au moins, je n’ai pas perdu le témoin, pas comme l’équipe d’avant”. Lundi soir, deuxième tour de l’élection du Onzeker, remportée par Toupetix. Il y avait aussi ce soir-là l’élection de Missker : 5 candidates travesties, les “vraies” filles sont membres du jury. Je crois que j’ai été morte de rire toute la soirée. Et comme le veut la tradition, le couple “Onzeker-Missker” a investi la Résidence avec une partie de la population de PAF pour en chasser la disker qui avait d’ailleurs joué le jeu et déjà déménagé.
Mardi, c’était rendez-vous à 10h30 à la flottille pour un baptême de baignade en eaux subantarctiques. Ayant vraiment bien supporté mon plongeon forcé de la veille, j’ai testé ; 2°C, 25 m à parcourir partiellement en nageant. Eh bien maintenant, je comprends pourquoi l’espérance de vie n’est que de quelques minutes dans une eau aussi froide. Tant qu’il y avait assez de fond pour marcher tranquillement, ça allait. Mais quand j’ai commencé à vouloir nager la brasse, je me suis rendu-compte que j’avais le souffle coupé, plus aucune énergie, chaque mouvement est une lutte tellement les muscles sont tétanisés. Quand je suis sortie de l’eau, je suis tout de suite partie à la station météo passer l’obs de 11h, j’étais encore en maillot de bain. J’ai pris une bonne douche chaude ensuite. A midi barbecue, et l’après-midi je suis restée à la station météo. Il a d’ailleurs fallu que je refasse un ballon, j’étais donc très en retard pour faire mon déguisement pour la soirée. Parce qu’en plus, les soirées étaient des soirées à thème : dimanche, soirée ch’tis, lundi, soirée bretonne, et mardi, vous devinerez aisément en voyant mon costume.
Mercredi après-midi, Ker-messe, avec plein de petits jeux marrants : chamboule-tout, « chamboule-touk » (ça c’était drôle), course en sac, course de ski, tir au pistolet à plombs, funambule, tir aux buts, lancé de rondin, lancer de bottes avec les dents, etc. En fin d’après-midi, tournoi de jeux de cartes, puis soirée réunionnaise. Jeudi c’était la journée du Onzeker : livraison du petit déjeuner à domicile. Ensuite, on a fini les épreuves de la kermesse car tout le monde n’avait pas eu le temps de jouer à tout. Il y a eu un tournoi de tir à la corde et notre équipe a vaincu toutes les autres équipes, même celles dans lesquelles il n’y avait que des gros balèzes ! A midi, c’était pique-nique à Totoche. J’ai bien aimé le principe : ils ont pris tous les pots de fausses plantes vertes, ils les ont posés un peu partout, ils ont mis des couvertures par terre au pied des plantes et il n’y avait plus qu’à se servir en charcuterie, salade de riz et parts de quiches et pizzas. L’après-midi, match d’improvisation. Ensuite, le parti des Gaulois et le PEDK ont projeté un petit diaporama façon journal people sur la vie du Onzeker et de Missker que je n’ai que partiellement vu parce que juste après, je dansais. Après cela, la petite Marie a chanté quelques chansons a capella et ça a été la cérémonie de remise des “Seize-arts” de la Midwinter. A la surprise générale, mon équipe est arrivée deuxième, grâce à une remontée fulgurante au classement général après la kermesse et le tournoi cartes-domino. Il faut dire qu’avant cela, nous étions bons derniers. Elle a également remporté le trophée de l’équipe la plus revendicative, ce dont finalement je suis assez fière … Jeudi soir, c’était repas “hamburger”, feux de la Saint Jean, puis soirée en boîte pour clôturer la mid, dans tous les sens du terme puisqu’il s’agissait d’une soirée dansante à thème «punk» organisée dans les containers devant B17.
Pleins de grands moments de convivialité, tout s’est déroulé dans une ambiance bon enfant, sans débordement, juste le plaisir d’être tous ensemble pour jouer. Et puis comme tant de gens me l’avaient prédit, la page de la Midwinter est tournée et ça sent déjà la fin de mission et le départ. Il reste pourtant deux mois, il y a encore le temps de profiter un peu de tout ce qui fait de cette mission à Kerguelen un moment exceptionnel dans ma vie !
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C’est bien la première fois qu’il neige le jour de mon anniversaire… Il est comme ça, le mois de juin ici, c’est la saison du blanc. Oh, rien avoir avec ce que nos collègues de Dumont d’Urville doivent subir, néanmoins on a eu nos premières vraies congères.
Petit rappel de la situation météorologique : vendredi 11 au matin, il a neigé sans vent (oui, SANS VENT pendant presque 3h d’affilée, 0 en vent moyen et 0 en rafales !!!) J’ai pu mesurer sans difficulté 3 cm sur la planche à neige. Et puis l’après-midi, on est passé en ciel de traine, encore deux petites averses, et surtout, le vent s’est levé. Rien d’extraordinaire, 68 km/h en vent moyen, rafales à 104 km/h, une force de vent très habituelle pour Kerguelen, MAIS…
-D’abord il a fallu que je cherche dans mes petites tables quel était le code du “chasse-neige” pour le temps présent, c’est un code qu’on utilise tellement rarement en métropole que même à l’école de la météo on ne l’apprend pas…
-Ensuite, ça a été assez épique de revenir le soir à Port-aux-Français vers 18h (donc de nuit) avec des congères qui commençaient à se former et aucune visibilité car la neige était soulevée bien au-dessus du niveau du pare-brise de la voiture. Heureusement à cette saison, il n’y a pas d’éléphant de mer qui traverse la route. C’est drôle de rouler dans une congère, surtout que ce n’est pas une légende, le petit bout de route non revêtue qui relie la RN66 de Kerguelen à la station météo est le rendez-vous de toutes les congères de la base. Bon, ce coup-ci ça a été, comme il n’avait neigé que 3cm, les congères ne sont pas montées trop haut et la route est restée malgré tout praticable.
Le lendemain matin, j’ai eu bien du mal à retrouver la planche à neige dont la tige dépassait à peine de la congère qui s’était formée devant la station météo alors que partout ailleurs, tout avait été soufflé. Comment doit-on mesurer la hauteur de neige dans ces cas-là ? Joli petit mur de neige aussi autour de l’abri de gonflage des ballons, et l’éclairage du lever de soleil donne une couleur de glace à la fraise arrosée de chantilly à tout le décor.
Redoux spectaculaire lundi et mardi avec respectivement 11,3°c et 12,5°C de température maximale. Un temps idéal pour aller célébrer un (faux) mariage à Notre-Dame des Vents. Expliquer le pourquoi de cette cérémonie serait une longue histoire que seul un délire propre à la vie de Kerguelen peut justifier. A part ça, la campagne pour l’élection tant attendue du « onzeker » a débuté, les forces en présence usent de tous les stratagèmes imaginables pour ratisser les voix des électeurs. Alors qui du chef du village gaulois Toupetix, du chef du gang des rebelles de Kerwest, et du leader du PEDK (parti pour l’enrichissement de Kerguelen) sera intrônisé pendant les festivités de la midwinter ? Réponse après-demain soir au plus tard, à l’issue du deuxième tour des élections.
Quant à moi, prenant soin de ne pas prendre parti tout en négociant la reconnaissance de mon talent de la part des futurs élus potentiels, je prépare dans mon coin une petite surprise dont je vous laisse imaginer la teneur… Et avec tout ça, j’ai à peine vu l’Osiris et sa célèbre passagère Abby Sunderland.
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Après Ratmanoff et son immense manchotière, il me restait encore un endroit que je voulais absolument découvrir ici : Port Jeanne d’Arc, plus souvent appelé PJDA ici, l’ancienne usine baleinière (la seule du territoire français). Les restes de l’usine sont classés et font l’objet d’une réhabilitation de la part des TAAF, aussi les accès à ce site sont réglementés et le seul à s’y rendre durant l’hivernage, c’est le « popchat » car c’est l’un de ses sites d’étude (avec Ratmanoff, Port-Couvreux, Sourcils Noirs et Port-aux-Français)
Il y a quelques temps déjà, j’avais donc sollicité Léo, le VCAT popchat, pour savoir si je pouvais lui servir de manipeur le jour où il irait à PJDA, ainsi je faisais d’une pierre deux coups dans mes découvertes : je découvrais PJDA et je découvrais le travail du popchat.
Concernant l’usine, on l’a vue et revue en photo, et on fait ses propres photos des fûts rouillés, des vieilles barques éventrées et de tout ça. C’est sûr, ça offre un sacré spectacle, mais finalement, à force d’y vivre, on s’habitue au déco. Je m’attendais à quelque chose de plus fantomatique peut-être ? Je n’ai pas été saisie par toutes les interrogations des uns et des autres qui se sont épanchés dans le cahier de cabane sur le bien fondé de la restauration de PJDA, le souvenir de la pêche à la baleine qui fut un massacre écologique, ce genre de chose. Platement, mon œil parcourant tout cela n’y voit qu’une succession de formes géométriques, cylindres, engrenages et tuyaux désordonnés et ordonnés pour former une œuvre d’art contemporain. Par contre on a eu la chance en sept jours de voir ça par tout type de temps, soleil, pluie, vent, neige, pleine lune… A part les tas de rouille et de vieilles planches, le décor est chouette, les montagnes de la presqu’île Jeanne D’Arc, la vue sur le massif Gallieni depuis le halage des Swains, sur la presqu’île Ronarch sous un autre angle que depuis PAF, l’île longue en face, etc. Il n’y a pas à dire, Kerguelen, c’est toujours aussi beau, avec ou sans usine en ruine.
La manip popchat, ça m’a finalement bien plu. Il ya deux types de travail pendant cette manip : un transect, c’est-à-dire un chemin à suivre le long duquel nous cherchons dans le décor à la jumelle si nous voyons des chats. Avec un télémètre, Léo note à quelle distance il les voit depuis quel point du transect, et dans quelle direction. Le transect de PJDA fait 2,7 km entre l’usine et le halage. On l’a fait plusieurs fois, le but étant d’avoir à la fin de la manip 30 observations de chats. Ça fait une belle petite balade, et le halage est vraiment un endroit très joli avec vue sur la baie du halage, le Ross si le temps le permet, ou au moins la pyramide Branca, et le Dôme Rouge. La deuxième chose à faire, c’est des captures : on pose des cages avec des appâts dedans (des lapins morts sur lesquels on aura fait quelques prélèvements à des fins d’analyse). Ensuite tous les jours, idéalement deux fois par jour matin et soir, on fait le tour des cages pour voir s’il y a un chat dedans. Et s’il y en a un, on le rapporte à la cabane, on l’endort et on lui fait un certain nombre de mesures (longueur des pattes, des dents, dimension de la tête, etc.) et prélèvements (prise de sang, poils, …) avant de le relâcher dans la nature. Les chats de Kerguelen sont baptisés. Lors de notre session nous avons donc attrapé un chat déjà baptisé “Clark Gaibeul 2″, une chatte qui s’appelait “Laventure” et un nouveau chat qu’on a baptisé “Pantera”. Par ailleurs, deux chattes qui avaient compris comment se nourrir à moindre frais sont venus plusieurs fois se faire re-piéger. Dans ce cas, on ne refait pas de prélèvement sur elles au cours d’une même session, donc on se contente de les relâcher et on a déplacé les pièges. Toutes ces mesures permettent de faire du suivi de population, de voir comment les individus évoluent, s’ils vivent vieux, etc.
Et comme on a eu de la neige, on a fait un peu de “flexo-luge”.
Le flexo, c’est le pantalon ciré qu’ils nous fournissent dans le paquetage. Pratique quand on tient un cormoran ou un pétrel sur ses genoux, pratique quand on traverse des souilles, et pratique quand on fait des glissades… Hélas, le redoux est arrivé vite fait avec son lot de pluie et de vent.













































