Liénor aux Kerguelen


Navire en vue !
25 décembre 2009, 10:41
Filed under: vie de la base

C’est toujours du direct : le 25 décembre 2009, à PAF, ce n’est pas le père Noël qui arrive, c’est la Curieuse, avec à son bord quelques nouvelles têtes… On a hâte de les voir et de leur demander : « Alors, c’était comment, 10 jours de bateau là-dedans ? »



Joyeux Noël à tous !
25 décembre 2009, 04:42
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le Père Noël, ses rennes et Mme la Disker distribuent les cadeaux

Réveillon au solstice d’été. Francis et son équipe se sont surpassés pour nous servir un repas de gala. Le Père Noël n’a oublié personne… et j’ai été intronisée chanteuse à Totoche, le temps de célébrer Noël !

Et puis voilà le temps de choses plus sérieuses : la météo ne s’arrête pas le 25 décembre, alors pour moi, c’est lever à 5h, et comme ce matin de Noël est vraiment magnifique ici, je vous le fait partager en direct (ou presque)

Pas de doute, s’il y a des rennes à Kerguelen (au demeurant forts succulents) c’est que le Père Noël s’y cache !



Australia et baie de l’Obs à l’aventure
17 décembre 2009, 23:14
Filed under: découverte

Voilà plus d’un mois que je suis partie, plus de deux semaines que je suis arrivée et la vie quotidienne à Port-aux-Français prend des allures de routine. Aussi, quand mardi soir Franck, le bosco du chaland, m’a dit qu’il avait encore de la place pour moi à bord le lendemain, je ne me suis pas fait prier.  Rendez-vous donc à 6h au port avec Gilles et Stéphane, qui profitent eux aussi de l’occasion pour faire un peu de tourisme.

Nous attendons à quai que l’Aventure II quitte son mouillage pour accoster.  Seb, mécanicien du chaland, nous tend alors la main pour que nous puissions monter à bord.  Et vogue le navire, plein ouest, à travers le Golfe du Morbihan ! Objectif : l’île Australia, où nous devons récupérer 3 « écobiotes » parties étudier la flore du secteur.

Les vagues de face viennent frapper l’avant du bateau régulièrement, et se brisent en dessinant des arcs-en-ciel dans leurs embruns. Installés tous les cinq dans la cabine, nous pouvons discuter au sec en admirant les acrobaties des dauphins qui commencent à entourer le bateau. C’est une habitude de leur part, à chaque sortie du chaland.

Il nous faut environ une heure et demie pour arriver à Australia, en slalomant sur la fin du parcours entre les îles : Mayes, île aux moules, tous ces noms que j’ai regardé depuis longtemps sur la carte…

Nous contournons un peu l’île Australia pour arriver en vue de la cabane et de Lise, Marine et Alexia qui chargent leur matériel et saute à leur tour à bord.

En route pour de nouvelles aventures ! Le chaland rebrousse chemin, puis bifurque direction la baie de l’Observatoire que nous atteignons un peu après 9h. Là, c’est quatre gars (François, Etienne, Seb et Nico) qu’on récupère suite à une « manip’ géophy » (il y a un marégraphe à la baie de l’Obs’)

Du coup, on a mis le pied à terre une petite demi-heure, histoire de voir à quoi ressemblent les lieux.

Etienne s’improvise guide pour nous montrer les vestiges des expéditions du temps passé. Et puis vient le temps de se remettre en route. Nous retraversons tout le golfe, avec cette fois le vent dans le dos, ce qui nous permet de rester un peu sur la plate-forme pour regarder les dauphins dont on ne se lasse décidément pas.

Retour à Port-aux-Français en fin de matinée, juste à temps pour l’heure du repas. Conclusion : nous partîmes cinq mais par un prompt renfort, nous nous vîmes douze en arrivant au port…



Partie de pêche
11 décembre 2009, 23:37
Filed under: découverte

Dimanche dernier Philippe, mon collègue météo, m’a dit qu’il avait rendez-vous à 11h, alors je suis passée en cuisine me procurer un pique-nique, et à 11h je me suis jointe au groupe. On est parti en voiture avec Alex  et Bernard. On a garé la voiture un peu au-delà du CNES, à l’est de PAF. Ensuite, on a traversé un grand champ d’acena, on a gravi une colline caillouteuse, on a traversé la rivière du Château (vive les bottes et le pantalon imperméable), on a encore un peu
marché dans l’acena et on est arrivé sur une petite baie, en face du rocher qui s’appelle le Château d’If. On a marché une heure environ pour arriver là, à un bon rythme.

Là, on a sorti les cannes à pêche (l’un des collègues que nous avons relevé, Roger, m’avait donné la sienne avant de partir) Bernard m’a expliqué comment s’en servir, et après, j’ai passé ma journée à lancer ma cuillère et à ramener la ligne, les pieds dans l’eau de mer froide. J’arrive à attraper des algues, c’est déjà ça… Il y avait deux ou trois manchots perdus, pas mal d’oiseaux et surtout plein de bonbons.

Ces gros tas de graisse passent leur temps à dormir échoués sur les plages, et quand ils ne dorment pas, ils jouent. C’est-à-dire qu’il jouent entre eux ou alors ils jouent avec les pêcheurs : je ramène ma ligne et soudain, derrière ma cuillère, je vois une grosse masse d’eau qui se déplace, et une tête de bonbon qui sort de l’eau. Il parait qu’il ne faut pas toucher les animaux ici, mais eux ne se privent pas pour venir nous marcher sur les pieds, et nous faire des câlins en se frottant le museau contre nos mollets et nos genoux. Ça parait juste fou de se dire que c’est tout ce qu’il y a de plus normal ici que d’avoir un bébé éléphant de mer qui vient me caresser, me zieuter dans tous les sens avec ses grands yeux noirs mouillés, et ses moustaches dressées. Ensuite, c’est comme les chiens. Quand je lance ma cuillère, ils jouent à « va chercher ». Et puis j’ai peur de les blesser avec l’hameçon, donc il faut faire gaffe. Bon. On a pris notre pique-nique vers 13h et on s’y est remis, une fois que j’avais démêlé mon fil qui s’était entortillé autour du moulinet.  Je découvre pour la première fois de ma vie les joies de la pêche…

Et puis, tout à coup, je vois l’eau qui s’agite avec des petits éclairs argentés… J’ai pêché une truite !!! Alors là, je me sentais bête, parce que je ne savais pas quoi faire. Philippe et Bernard sont venus. « Ne lève pas trop, tu vas casser sinon ! » Je tire jusqu’à ramener ma prise hors de l’eau, et puis elle se tortille encore. Alors Bernard a pris un galet et l’a assomée et mesurée. « Elle fait ses 50cm. » Bah, ici, une truite de 50cm, c’est la norme. Bienvenue à Kerguelen ! « Tu as un sac ? » Ben non, je suis une totale néophyte à ce sport-là, alors je n’ai pas de sac adapté pour mettre les poissons dedans. Alors Bernard l’a mise dans le sien, en faisant remarqué que c’était classique : c’est toujours les autres qui portent… Oups.

Après, j’ai encore essayé de pêcher, j’en ai touché une, mais j’étais plus occupée à jouer avec les éléphants de mer, alors je ne l’ai pas attrapée. Bilan de la journée : 4 truites attrapées à 4. On a pris le chemin du retour vers 16h30, on a de nouveau crapahuté une heure et entre temps, des petits malins avaient planqué notre voiture. Ca va, elle n’était pas bien loin. Mais elle était ficelée comme si c’était le 1er avril. On est rentré, et Alex m’a demandé ce que je voulais faire de ma truite. « Ben euh… »A vrai dire, je ne sais pas comment ça marche ici, la gestion des truites.

« Tu la veux pour la Cantina ?

-Ah, pourquoi pas ? »

Alex m’a donc donné une truite et ils sont allé donner les trois autres à Francis (le cuisinier) Ah! Si j’avais su, j’aurais aussi donné ma truite à Francis. Bon. Me voilà avec une truite sur les bras. Philippe a levé les filets et on les a mis au congélateur direct, qui est déjà plein de filets de truites, comme ça on pourra servir du carpaccio à l’occasion.

Après tout ça, j’avais plein de courbatures partout. Alors je suis tranquillement allée me blottir dans les fauteuils de cinéker…



Première semaine à Port-aux-Français
4 décembre 2009, 23:52
Filed under: vie de la base

Port-aux-Français, ça ressemble à ça

le Marion Dufresne vu depuis Notre Dame du vent

le Mont Ross vu depuis la météo



En vue des îles de la Désolation
3 décembre 2009, 11:37
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Le 25 au soir, le Marion Dufresne s’est remis en route. Après encore quelques manoeuvres autour de l’île de la Possession, cap à l’Est. Nous passons à proximité de l’île de l’Est dans la matinée du 26, puis retrouvons l’immensité de l’océan. Sur cette partie du trajet, c’est le roulis qui bercera notre voyage. Les conditions météos et de mer sont toujours plutôt clémentes, mais le roulis, c’est bien plus drôle que le tangage : le bateau penche plus amplement et à bord, tous les objets valsent, ce qui n’empêche pas le service à table d’être irréprochable.


Un jour avant l’arrivée à Kerguelen — comme avant d’arriver à Crozet, d’ailleurs — une séance de « tamponnage » est organisée pour le courrier philatélique posté à bord, à laquelle je participe, comme bon nombre d’autres passagers. Il s’agit d’apposer sur les enveloppes quelques mentions obligatoires (la signature du commandant, le cachet de la compagnie et la mention « posté à bord ») ainsi que quelques cachets de missions, suivant l’inspiration du moment. Ce n’est pas un travail d’oblitération, qui ne peut se faire que dans les gérances postales, à terre.

28 novembre, 6h du matin. Le Marion Dufresne est en vue de Kerguelen. Il neige abondamment, la visibilité est réduite, et en fait de côtes, on distingue à peine les contours du C. Rosily à l’ouest de la péninsule Rallier du Baty, où nous devons déposer une équipe de scientifiques (essentiellement des géologues) Si vous ne l’avez déjà fait, munissez-vous d’une carte des Kerguelen, et suivez avec moi le parcours du bateau.

Ce détour par Rallier du Baty  nous prive de l’arrivée traditionelle à Kerguelen par la pointe nord de l’archipel et le si fameux arche des Kerguelen que je ne verrai donc pas de mes propres yeux, mais nous a permis de savourer les paysage de la côte sud de l’archipel et le décor dans lequel nous avons été plongé tout au long de la journée du 28 fut un spectacle inoubliable, d’autant plus que dans l’après-midi, le Marion Dufresne est allé se positionner tout au fond de la baie de la Table, pied du glacier Ampère, et malgré la couverture nuageuse qui s’est fort heureusement morcelée depuis le petit matin, on voit nettement se dessiner la calotte glaciaire, le plus grand glacier du territoire français…

Le voyage s’est poursuivi encore toute la nuit, mais impossible de dormir. On le sait : l’arrivée à Port-aux-Français (PAF pour les initiés) est programmée à 4h. Au fond de ma cabine, allongée sur ma couchette, je suis comme une pile. Le bruit des machines diminue, le bateau manoeuvre. Ca y est, nous y sommes ! Je n’y tiens pas, je m’habille et me précipite à la passerelle pour voir : le golfe du Morbihan, les petits baraquement de PAF, toute cette émotion qui me saisit … Mais maintenant que nous sommes arrêtés, le décor ne va plus beaucoup changer. 5h1/2, je me recouche et tente de gagner quelques précieuses heures de sommeil : le débarquement est prévu à partir de 8h en hélico, j’ai encore le temps de dormir, et la première journée sur la base ne sera pas de tout repos.