Liénor aux Kerguelen


Trois mois déjà !
18 février 2010, 23:43
Filed under: Uncategorized

Voilà maintenant trois mois que j’ai quitté la Réunion, que de choses vécues depuis !!!
Il me semble avoir toujours été ici, avec ce paysage si fabuleux qui m’environne chaque jour, et pourtant je n’ai pas vu le temps passer, comme si je venais d’arriver et que j’étais encore ici pour longtemps. Mine de rien, la fin de la campagne d’été approche à grand pas, et on commence déjà à faire le compte de tout ce que l’on n’aura pas eu le temps de voir ou faire avant que le Marion Dufresne ne revienne fin mars.

Les trois mois de campagne d’été se sont écoulés à une vitesse folle, avec des allées et venues régulières de bateaux à Kerguelen. J’ai fini par perdre le compte de ceux que l’on a vus ici, j’ai raté le Sea Shepherd qui est arrivé à PAF le jour où je partais à la Baie de l’Obs, et qui en est reparti le jour où je suis revenue (quelques photos ci-dessous en témoignent), ainsi que deux bateaux de pêches qui sont passés quand j’étais à Pointe Suzanne, signifiant le retour de la légine dans nos menus. Nous en verrons peut-être encore d’ici fin mars, avec un retour probable de l’Oceanic Viking.

Il est malgré tout grand temps de répondre à la première question : les nuages sont-ils plus beaux ici?
Jugez-en vous-même…

D’abord, un petit tour du coté des nuages élevés…

Les cirrus radiatus semblent converger sur le Sea Shepherd, au mouillage devant le massif du Crozier (22 janvier) et un halo solaire a fait son apparition dans les cirrostratus avant l’arrivée d’une perturbation neigeuse (29 janvier).

A l’étage moyen, le ballet des altocumulus aux formes les plus diverses est un spectacle sans cesse renouvelé.

Et du coté des nuages bas, on peut aussi avoir de beaux phénomènes.

Allez, une petite dernière pour le plaisir des yeux, en attendant de voir ce que réserve l’hiver comme surprises météorologiques !

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Oceanic Viking à PAF
10 février 2010, 23:23
Filed under: vie de la base

Hier, mardi 9, nous avons reçu la visite des jaunes et bleus : le  bateau australien Oceanic Viking a fait un bref passage à PAF. Journée festive, avec tournoi de foot au hall transit le matin, partie de pêche et balade à l’anse des pachas pour les australiens qui veulent se dégourdir les jambes, et visite de leur navire pour les Pafiens. Echange de bons procédés et ambiance conviviale.

Mais cette journée s’est finie tristement, car l’un des nôtres a fait un malaise nécessitant son rapatriement. Il est reparti ce matin, direction la Réunion, à bord de l’Oceanic Viking. Amicalement, je souhaite juste lui faire un signe de main en guise d’au-revoir…



Les cormorans de Pointe Suzanne
5 février 2010, 00:35
Filed under: découverte

J’étais partie quelques jours, et me revoilà… La destination de ma dernière manip, c’était Pointe Suzanne, du 27 janvier au 1er février.

Pointe Suzanne, c’est l’extrémité Est de la presqu’île du Prince de Galles, juste au sud de PAF. Je suis partie à pied, avec René-Paul, dit « Moustache », pour y rejoindre Alexis et Annette, ornithologues, qui y ont passé 10 jours. Le trajet à pied prend environ 4h30 à 5h, sur terrain plat : il faut traverser tout Isthme bas, des champs d’acéna, puis longer la côte jusqu’à la pointe, soit en marchant sur la plage, soit dans l’acéna. Je faisais mon premier transit à pied dans Kerguelen, et Moustache – bien que Réunionnais – m’a dit ne pas être habitué à marcher. D’un commun accord, nous avons donc décidé d’y aller cool, avec une grosse pause pour le repas de midi, et nous sommes arrivés à la cabane en milieu d’après-midi. Les ornithos n’y étaient pas, puisqu’ils étaient quelque part sur une colonie de cormorans, ils ne nous ont rejoints qu’en soirée.

Difficile de résumer 5 jours de manip… Alors prenons les choses par thème…

Le décor : le trajet à pied n’offre pas un perspective très variée puisqu’on longe la mer, entre la crête  et la péninsule Courbet en face qui est plutôt plate, mais l’environnement immédiat de la cabane est assez fabuleux : c’est en bord de mer, au milieu d’une colonie d’otaries et de manchots papous. Quand on s’éloigne de la cabane, à 10 minutes à pied, on arrive sur le flan sud de la presqu’île d’où on a un panorama impressionnant sur la presqu’île Ronarch en face, et les falaises de la côte sud de la presqu’île du Prince de Galles.

Coté faune, c’est un endroit extraordinaire : en plus  des papous et des otaries, grands albatros, albatros fuligineux, pétrels géants, éléphants de mer, et bien entendu, les cormorans. J’ai même vu un gorfou sauteur et il y a des petits groupes de manchots royaux.

Le travail : Le but de la manip des ornithos était de baguer des poussins de cormorans et de poser des balises sur certains d’entre eux afin de savoir à quelle vitesse et à quelle profondeur ils plongent, quand ils s’alimentent et ce genre de choses. En tant que manipeur, nous n’étions peut-être pas d’une grande utilité pour les assister dans leur travail proprement dit, mais ma curiosité scientifique m’a poussée à passer pas mal de temps avec eux à surveiller les colonies, ce qui m’a permis de prendre les notes pendant qu’ils manipulaient les oiseaux (Matthieu va encore dire que ça ne sert à rien, mais j’aimerais le voir tenir un carnet et un crayon avec un cormoran sur les genoux), et à l’occasion de tenir aussi les oiseaux.

Là où nous, manipeurs, étions vraiment utiles, c’est pour la vie quotidienne et logistique en cabane. C’est que les ornithos font des longues journées, passant des heures assis à côté des colonies, à surveiller les aller et venues des parents cormorans, à noter la manière et la fréquence à laquelle ils nourrissent les poussins, et à baguer les individus de la colonie. Alors quand ils rentrent le soir à la cabane, il n’est pas désagréable pour eux de n’avoir qu’à se mettre les pieds sous la table.

Et pour les repas, Moustache s’y entend : quand il ne se met pas en tête de cuisiner un carry avec les moyens du bord, il trouve toujours une astuce pour améliorer notoirement une boîte de conserve quelconque. La cabane de Pointe Suzanne s’est ainsi transformée en restaurant que l’on a naturellement baptisé  « chez Moustache ». Je n’ai pas été en reste, puisque j’ai expérimenté la pâtisserie en cabane et la vaisselle à l’eau de mer.

Ah oui, Pointe Suzanne, ce n’est pas la baie de l’obs : pas d’eau courante. Nous avons quelques bidons d’eau douce qui ont été apporté par tracteur avant notre arrivée, mais globalement, on en restreint l’usage, donc toilette et vaisselle se font au mieux à l’eau de mer. Du coup, on restreint aussi l’usage des savons et liquide vaisselle. Rien de tout cela ne me choque ; après tout, dix années de camps scouts, ça apprend à s’accommoder d’un minimum de confort, du moment que l’on est au grand air. En tout cas, moi, je me sens plutôt dans mon élément avec ce mode de vie.

Nous avons donc pris notre petit rythme à quatre pendant quatre jours, et  admiré avec Moustache les chutes de neige qui se sont produites dans la nuit de vendredi à samedi, laissant Courbet et Ronarch toutes blanches le lendemain matin (ça, c’est pour Amaury qui voulait des sommets enneigés) Hélas, chez nous, ça n’a pas tenu au sol. ..

Et puis le dimanche midi sont arrivés trois écobios et une manipeuse qui venaient chercher des mouches sans aile. Il y a deux cabanes à Pointe Suzanne : celle d’en bas, en bord de mer, que nous occupons, et une autre en haut sur la crête, que les écobios devaient occuper. Mais ils ont jugé qu’il était plus convivial de rester tous ensemble, et avaient apporté une tente au besoin. D’un seul coup, notre logistique de cabane est donc passée de quatre à huit personnes.  Quand on sait la dimension des chambres et de la cuisine dans une cabane comme celle de Pointe Suzanne-bas, cela relève un peu du défi, mais nous l’avons fait ! Pas de doute, nous y avons perdu en espace mais gagné en ambiance. Ce n’est pas souvent qu’on a l’occasion de se retrouver aussi nombreux en manip !

Nous sommes repartis à 6 de cet endroit idyllique lundi en début d’après-midi, laissant derrière nous deux ornithos désappointés qui ne réussissaient pas à récupérer la dernière balise qu’ils avaient posée… (ils sont partis une heure après nous) Cette fois-ci, pas de grosse pause repas au milieu du trajet : nous avons fait nos 4h30 ce marche quasiment non-stop, ne faisant qu’une pause de temps en temps pour resserrer le groupe, chacun marchant à son rythme, et nous sommes arrivés à PAF vers 19h15, juste à l’heure du repas. Notre arrivée au restaurant, tout fourbus et puants, a donc été relativement remarquée, mais après une bonne douche, on réintègre vite la vie « ordinaire » de la base…